Le soleil brillait haut au-dessus de Bruxelles lorsque, le jeudi 23 avril, plus de 330 membres de l’ITAA ont franchi les portes de l’Auditorium 2000 à Brussels Expo, tandis que plus de 3 000 confrères et consoeurs suivaient la séance à distance. Cette AG était marquée par une participation sans précédent. Le président Bart Van Coile et le vice-président Vincent Delvaux ouvraient une rencontre qui marquerait, pour eux deux, leur dernier rendez-vous – et pour les membres, le début d’une nouvelle ère.
Une dernière présidence
« Pour la septième fois déjà, et pour la dernière. » C’est par ces mots que Bart Van Coile a ouvert la séance, d’abord en néerlandais, puis en allemand pour les Cantons de l’Est, et enfin en français. Un moment chargé d’émotion, qu’il a abordé avec une sensibilité réelle, mais aussi avec l’assurance de celui qui porte cet exercice depuis sept ans. Vincent Delvaux a ensuite pris la parole pour remercier les membres présents en salle et les nombreux confrères qui suivaient la séance en ligne.
L’assemblée s’est déroulée à nouveau sous une formule hybride. La traduction simultanée – pour qui le souhaitait – a été soigneusement rappelée : « Ne soyez pas surpris si vous entendez une voix de femme, alors que ce sont deux hommes qui présentent », a-t-on lancé sur le ton de la légèreté. La norme de formation continue était également d’application. Pour ceux qui suivaient à distance, cela signifiait des questions d’attention pendant la séance et un test de clôture pour valider les heures.
La phase préparatoire : 896 procurations et deux votes d’échauffement
Avant de pouvoir entamer les débats de fond, il y avait du pain sur la planche. Maître Sparacino, huissier de justice, a été présenté à la salle. Pas comme visiteur de passage – il s’est rendu à plusieurs reprises à l’Institut : d’abord pour établir, début 2026, le nombre de membres effectivement éligibles par qualité, étape essentielle à la répartition des sièges au sein du Conseil ; ensuite pour constater le dépôt en temps utile de toutes les candidatures ; enfin, durant la semaine précédant l’assemblée, pour valider une à une pas moins de 896 procurations. Comme scrutateurs, Herman De Cnijf et Yves Drapier sont entrés en fonction, deux membres qui s’étaient portés volontaires.
Deux votes-tests ont fait office d’échauffement. Le premier, une simple question oui-non – « avez-vous pris connaissance au préalable de l’ensemble des documents ? » – a livré un résultat rassurant : 89,69 % de OUI contre 10,31 % de NON. Le second, à choix multiple, sondait les domaines que les membres suivent le plus dans le cadre de leur formation continue. L’impôt des sociétés arrive largement en tête, suivi par l’impôt des personnes physiques et le droit fiscal. Pas vraiment une surprise pour qui connaît le paysage professionnel belge.
Ce que l’Institut a accompli en 2025
Cinq clusters, cinq récits – et derrière chacun de ces récits, une équipe capable de traduire les chiffres en ce qu’ils signifient concrètement pour les membres.
Virginie Silia et Johan De Coster ont présenté les résultats du cluster. En 2025, 78 ambassadeurs ont été actifs sur l’ensemble du territoire et près de 100 événements ont été organisés. Une campagne sur les réseaux sociaux a généré plus de 2,5 millions de vues. Le nombre de stagiaires a progressé de 12,23 % ; plusieurs établissements d’enseignement ont enregistré entre 20 et 60 % d’inscriptions supplémentaires dans les filières comptables. La réforme du stage se poursuit : les examens peuvent désormais être présentés toute l’année, à l’exception de la période estivale.
Marc Van Thournout et Carine De Vos ont présenté le bilan annuel. La cellule Fiscalité a mené une enquête sur la simplification administrative qui a recueilli près de 1 500 réponses.
Les sessions de midi ont attiré en moyenne 1 500 inscriptions par mois, avec des pics à 3 500 participants lors des interventions d’experts du SPF Finances. La plateforme BeExcellent compte 10 000 accès, la rubrique Anti-blanchiment étant la plus consultée avec 62 000 consultations. En 2024, plus de 100 000 registres ont été ouverts via eStox, dont 70 % par des membres de l’ITAA.
Le cluster a traité 82 500 tickets via le Servicedesk et a procédé au renouvellement de la police d’assurance collective. La Norme relative à la gestion interne de la qualité est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, suivie par la Norme relative aux missions de compilation (ISRS 4410), et prochainement par la Norme Dissolution et la Norme Titres. Sur le plan juridique, l’Institut a obtenu – au terme de plusieurs années de travaux, avec Philippe Vanclooster comme rapporteur – le maintien du secret professionnel dans le cadre de DAC8. Le mandat unique figure désormais dans l’accord de gouvernement 2025-2029. En collaboration avec FedNot, le lancement d’IZIMIPro est annoncé pour novembre 2026.
Morgane Depriez et Hein Vandelanotte ont fait le point sur les travaux du cluster. La nouvelle plateforme de revue qualité sera mise en service cet été et les questionnaires révisés sont prêts. En 2025, 672 revues ont été menées : 46 % ont reçu d’emblée une appréciation positive, 22 % une appréciation positive avec recommandations, et la quasi-totalité des autres dossiers ont été conclus favorablement après revue de suivi. L’enquête LBC adressée aux 9 000 AMLCO a enregistré un taux de réponse de 99 %.
Stéphanie Lorfèvre et Caroline Meys ont présenté les chiffres de l’exercice : 556 enquêtes disciplinaires ouvertes en 2025, 69 décisions des commissions de discipline et d’appel ayant effectivement retenu des infractions, 36 suspensions et 19 radiations. À noter : fin 2025, l’ITAA a pris contact avec l’ensemble des parquets belges afin de revoir le traitement de l’exercice illégal de la profession. À l’avenir, l’accent sera mis sur les poursuites pénales, l’exercice illégal étant assimilé à une activité criminelle au sens de la législation anti-blanchiment.
Ces bilans dressent l’état des lieux à partir duquel le nouveau Conseil entend poursuivre et faire évoluer l’action de l’Institut.
Des chiffres en équilibre : comptes annuels 2025 et budget 2026
Le trésorier Patrick Deleu et la conseillère Chantal Jadot ont commenté les résultats financiers de l’exercice. Au 31 décembre 2025, le total bilantaire s’élève à 15 019 166 euros, porté par les investissements numériques (CRM, plateforme revue qualité) et par la progression des placements de trésorerie. L’exercice se clôture sur un bénéfice de 85 974 euros – supérieur aux prévisions budgétaires et conforme à la nature non lucrative de l’Institut. L’intégralité du résultat est reportée, ce qui porte le résultat reporté cumulé à 4 920 766 euros. Les commissaires Johan Van Haeverbeke et Alexandre Piret ont confirmé dans leur rapport que les comptes donnent une image fidèle de la situation financière.
Le budget 2026, présenté autour de trois axes – attractivité, services aux membres et numérisation – prévoit un résultat positif de 11 737 euros. Les cotisations sont indexées de manière strictement proportionnelle à l’inflation (+ 2,06 %), sans augmentation réelle. Le secrétaire Didier Bouckaert a présenté les frais de procédure et administratifs, établis selon une échelle graduée en fonction du nombre de griefs.
Durant la séance de questions, les responsables internes des différents clusters – Fabienne Cleymans, Ange Makungu, Willem De Meyer (directeur), Ferdy Foubert et Nele Muys – ont rejoint le podium pour répondre aux questions de la salle et du chat en ligne. Les échanges se sont déroulés dans un climat serein, avec une question par intervention.
Les votes : tout au vert
Les sept points soumis au vote ont tous été approuvés, à large majorité.
Les élections : un nouveau Conseil pour 2026-2029
Bart Van Coile, n’étant plus lui-même candidat, a conduit cette partie de l’assemblée en toute indépendance. Trois candidats étaient en lice pour la présidence, tous francophones – la loi imposant un changement de rôle linguistique. Emmanuel Degrève l’a emporté avec 1 527 voix, devant Vincent Delvaux (1 365 voix) et Morgane Depriez (648 voix). Pour le mandat de vice-président – néerlandophone cette fois – Caroline Meys a été élue haut la main avec 1 705 voix, devant Patrick Deleu (1 152 voix) et Veerle Van Eylen (676 voix).
Ont suivi les élections des seize membres du Conseil, répartis par qualité et rôle linguistique, et celles des deux commissaires avec leurs suppléants. Ont été élus (le nombre de voix de préférence figure entre parenthèses) :
- Experts-comptables (fiscalistes) FR : Chantal Jadot (690), Denise Balck (556), Vincent Hesbois (510) NL : Yves Van Weehaeghe (610), Koen Swerten (556), Patrick Deleu (495)
- Experts-comptables certifiés FR : Nathalie Jooris (602), Morgane Depriez (599), Olivier Bottequin (571), Didier Bouckaert (463) NL : Hein Vandelanotte (610), Carine De Vos (584), Filip Bellemans (518), Johan De Coster (496)
- Conseillers fiscaux certifiés FR : Fabrice Grognard (110) NL : Philippe Vanclooster (198)
- Commissaires FR : Michel Lecoq (effectif, 1 255), Tanguy Windels (suppléant, 1 200) NL : Tom Vermeersch (effectif, 1 874), Deniz Cetin (suppléant, 672)
Adieux
Bart Van Coile a remercié l’ensemble des membres du Conseil sortants pour leur engagement au cours des trois dernières années, et tout particulièrement Vincent Delvaux. Vincent a, à son tour, adressé un mot de remerciement chaleureux à Bart, qui a présidé le Conseil pendant plusieurs mandats. La salle s’est levée pour un applaudissement bien mérité. Et le moment était venu pour un nouveau cap.
Un nouveau cap : qu’y a-t-il au programme ?
Emmanuel Degrève et Caroline Meys, deux voix différentes, une ambition commune : rapprocher l’ITAA de ses membres.
Emmanuel Degrève
« L'ITAA, c'est vous »
Le nouveau président a d'emblée posé le ton : « Je ne viens pas promettre. Je viens porter une manière différente de faire. Plus simple. Plus directe. Plus proche du terrain. »
Pour les cent premiers jours de son mandat, il annonce trois actions concrètes :
1. Un plan stratégique, à l'écoute de tous
Nous rencontrons les équipes, les élus et co-construisons notre plan stratégique, qui sera finalisé lors du conseil stratégique des 22 et 23 juin à Ostende. Ce plan traduira notre volonté de reconnecter profondément l'institution avec ses membres. Il deviendra une trajectoire claire pour tous, assortie d'un plan d'action progressif avec des priorités, des responsabilités clairement désignées et des résultats mesurables.
2. Une communication à 180° de l'existant
Notre institution doit se positionner de façon bienveillante vis-à-vis de nos membres et de façon offensive sur tout ce qui touche à leur vie professionnelle concrète. Oser dire non à ce qui les alourdit. Oser accompagner davantage là où ils en ont besoin. Oser affirmer une ligne claire et assumée. Ces ajustements sont engagés dès le premier jour de notre prise de fonction.
3. Une organisation démocratique, participative et responsable
Nous libérons les potentiels de nos équipes. Nous leur demandons d'être plus responsables et plus autonomes, mais aussi plus connectées et plus proches des membres. En contrepartie, nous leur faisons davantage confiance et nous leur donnons les moyens d'agir. La conséquence logique : chacun assume mieux son rôle, et l'Institut gagne progressivement en efficience et en crédibilité.
À plus long terme, sa vision s'articule autour de quatre piliers :
- Un service d'excellence aux membres
- Une représentation externe renforcée
- La préparation de la profession aux évolutions technologiques
- Une coopération plus active avec les parties prenantes
Caroline Meys
Écouter, rester proche, entreprendre
La nouvelle vice-présidente, forte de plus de trente ans d'expérience dans la profession, a structuré son intervention autour d'un constat simple : l'Institut doit mieux écouter ses membres, à commencer par les difficultés du terrain.
Ses priorités :
- Une meilleure collaboration entre l'ITAA et ses membres. Commencer par écouter et ne jamais perdre de vue la réalité du terrain.
- Une représentation pour tous les membres. Y compris – et surtout – les petits cabinets. Chaque membre compte, à plus forte raison en cette période de pénurie sur le marché.
- Une communication plus fluide et continue. Tout au long de l'année, pas seulement autour des élections.
- Un service aux membres à la hauteur de vos besoins. L'ITAA est au service de ses membres – et ce message doit pouvoir parvenir aux membres.
Quatre défis majeurs pour le secteur :
- Obtenir des délais réalistes et des accords équilibrés avec les autorités
- Composer avec la pénurie de personnel en explorant de nouvelles formes d'organisation du travail
- Accompagner les membres pour qu'ils deviennent entrepreneurs
- Préserver les membres du burn-out
Son souhait pour le secteur : un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée, combiné à une prestation de services de qualité.
Au boulot !
C’est avec les allocutions d’Emmanuel Degrève et de Caroline Meys que l’assemblée générale s’est officiellement clôturée. Pour l’ITAA s’ouvre désormais un nouveau chapitre : celui d’un Conseil renouvelé en profondeur, mais ancré dans la continuité de ceux qui en ont posé les fondations.
Un plan d’action ambitieux pour les cent premiers jours, un agenda chargé, et les paroles ont rapidement été suivies d’actes : le 26 mai 2026, le nouveau Conseil s’est réuni pour la première fois et a aussitôt constitué le Comité exécutif1, chargé de la gestion quotidienne de l’Institut. Un fil rouge traverse l’ensemble des interventions et de ces premières décisions – par-delà les rôles linguistiques, les qualités et les sensibilités : être plus proche des membres, plus simple dans la communication, plus clair dans les choix.
« L’ITAA, c’est vous. »
Composition du nouveau Conseil (mandat 2026-2029)
L’ITAA souhaite au nouveau Conseil tout le succès possible pour les trois années à venir.
🖋️À propos de l'auteur
ITAA, Cellule Communication