Nous rencontrons Olivier Verhaege à l’approche des 20 km de Bruxelles auxquels des collaborateurs de l’ITAA et des ambassadeurs participeront le dimanche 31 mai au profit d’une bonne cause : l’ASBL Run For Hope.
Il dégage calme, structure et passion. Mais derrière cette attitude maîtrisée se cache une histoire de vie remarquable, née autour de la table de la cuisine d’un petit cabinet comptable.
Pour Olivier, ce cabinet fut inconsciemment sa première école. Les clients qui passaient à la maison, les piles de classeurs, la calculatrice qui fonctionnait presque en continu : tout cela formait un décor fait de travail acharné et de persévérance. Mais il voyait également l’envers du décor : les longues journées, les week-ends, les périodes de TVA qui intensifiaient encore la charge. Une vie où le travail ne s’arrêtait jamais vraiment. « Je ne veux pas faire ça », pensait-il adolescent. Et pourtant, comme souvent, la vie prend parfois des tournants inattendus.
De la politique à la fiscalité
Ceux qui connaissent Olivier savent qu’il a toujours eu un fort engagement sociétal. La politique l’attirait, non par ambition de pouvoir, mais par envie d’agir pour la société. Il était socialement actif, aimait lire et rêvait de devenir bourgmestre de sa commune. Écouter, être proche des gens, résoudre des problèmes concrets : cela lui semblait la meilleure manière d’avoir un impact.
Mais la politique s’est révélée plus lente, plus chaotique, moins rationnelle qu’il ne l’imaginait. Les décisions n’étaient pas toujours basées sur des chiffres ou des analyses objectives. « En expertise-comptable, c’est différent », constate-t-il. « Les chiffres ne mentent pas et celui qui les maîtrise peut offrir à un client une boussole réaliste et objective – ce qui n’est pas toujours le cas en politique. »
Ce besoin de clarté et d’authenticité l’a mené vers la fiscalité. Les études étaient plus académiques qu’il ne l’avait prévu mais la pratique lui apportait exactement ce qu’il recherchait : aider directement une personne qu’il connaît et qu’il voit en l’accompagnant avec des faits et non avec l’intuition.
Oser choisir
Après ses études, Olivier débute dans un Big Four et rejoint ensuite Decathlon. Le sport et le retail apportaient une énergie et une dynamique différentes. Mais une autre vocation continuait de l’appeler : le cabinet de sa mère.
En 2013, tout converge. Il voit combien sa mère travaille dur et mesure la valeur qu’il pourrait apporter en développant davantage le cabinet. C’était une opportunité d’avoir un réel impact, mais aussi un saut dans un univers complètement différent. « Passer d’un Big Four et de Decathlon à un bureau dans la maison familiale avec ta maman, ce n’est pas vraiment rock’n’roll », dit-il en riant. Mais instinctivement, cela sonnait juste : c’est là qu’il pouvait vraiment faire la différence.
Ce qui commence par deux jours par semaine chez un grand client du secteur sportif et trois jours au cabinet devient rapidement un temps plein dans l’entreprise familiale. Le portefeuille s’élargit, des collaborateurs rejoignent l’équipe, un nouveau bureau voit le jour et il y a trois ans, l’entreprise est vendue à un acteur plus important (Umain). Une étape logique dans une croissance jamais vraiment planifiée, mais toujours réfléchie.
Le duo avec sa mère
La réussite ne naît que rarement seule. L’interaction entre Olivier et sa mère s’est révélée essentielle. Elle disposait de décennies d’expérience en comptabilité ; lui apportait vision, capacités de conseil et force communicationnelle. Un duo parfaitement équilibré : elle solide dans les bases, lui dans le rôle de conseiller et dans le développement.
Cette période lui apprend une vérité importante sur la profession : l’expertise comptable n’est pas qu’une affaire de chiffres c’est aussi un travail humain et c’est précisément cela qui peut le rendre lourd. La responsabilité, le stress des nombreuses échéances, l’évolution permanente de la réglementation : tout cela peut peser. Mais l’impact que l’on peut avoir sur les entrepreneurs donne du sens à tout cela.
Le virus de la course
À côté de la vie professionnelle, il y avait la course à pied. Même si cela ne lui est pas venu naturellement : « J’ai longtemps trouvé que c’était le sport le plus inutile », plaisante-t-il. Il était footballeur – un joueur d’équipe, dépendant du ballon et du collectif. Mais en étudiant à Gand puis en travaillant à Bruxelles et Anvers, le football devenait difficile à intégrer dans son planning. Il passe d’un club de D2 (Deinze) aux provinciales… et se demande ce qu’il fait encore là. Jusqu’à ce que quelqu’un lui propose : « Courir ? Peut-être quelque chose pour toi ? »
Puis le mot marathon tombe et soudain, c’est un défi qui le stimule. Son premier marathon arrive trop tôt, avec trop peu de préparation et le résultat s’en ressent. Pourtant, cette première expérience éprouvante devient un catalyseur. À partir de 2010, il s’entraîne de manière structurée. Couche après couche, année après année, sans jamais vraiment arrêter. « Dans la vie aussi, c’est comme ça », dit-il. « Vouloir aller trop vite, trop loin, ça ne marche jamais. »
Cette philosophie de patience, de planification et de répétition devient son fil conducteur. La course lui offre discipline, structure et espace pour réfléchir – des qualités qui le portent également dans sa carrière.
Conférencier et auteur
Depuis 2016, Olivier donne des conférences à des entrepreneurs, des experts-comptables, des conseillers fiscaux et des étudiants. Il aime parler en public – depuis ses exposés à l’école primaire, dit-il. « Je n’ai pas le trac. Ça me semble naturel. » Ce qui le motive, c’est l’envie de partager, non comme un gourou, mais comme quelqu’un qui collecte des idées en vivant et en travaillant intensément.
Son premier livre, *La tête pèse plus lourd que les jambes*, est un journal de bord sur la persévérance, l’échec et le rebond. Son second, *Maintenant ou jamais*, établit un parallèle entre construire une entreprise et préparer un marathon.
« Dans le travail comme dans la course, c’est pareil », dit-il. « Les petits pas répétés mènent plus loin qu’une seule grande décision. Le succès réside dans la répétition de la simplicité. »
Interrogé sur l’avenir de la profession, il est clair : l’expert-comptable et le conseiller fiscal de demain ne peuvent ignorer l’IA. Ces outils ne sont pas une menace mais un compagnon de route. Les clients les utiliseront aussi. La différence se jouera dans l’interprétation, la contextualisation, la valeur ajoutée que l’expert-comptable et le conseiller fiscal apportent.
Selon lui, les membres de l’ITAA doivent davantage regarder vers l’avenir, construire des scénarios, aider les clients à entreprendre plus consciemment. Garder jalousement son expertise pour rester « pertinent » est, selon lui, une idée dépassée. « Il faut partager son expertise. Faire grandir ses clients reste l’objectif principal. »
Exclusif pour nos membres ITAA : programmes d’entraînement pour les 20 km de Bruxelles
L’histoire d’Olivier, sa persévérance et son approche structurée t’inspirent ? Tu as envie de travailler étape par étape vers de belles performances ?
Olivier a développé pour l’ITAA trois programmes d’entraînement adaptés à chaque niveau. Peut-être courras-tu toi aussi le 31 mai ?
On se retrouve – avec Olivier et l’équipe ITAA courant pour l’ASBL Run For Hope – au départ des 20 km de Bruxelles ?
Vous pouvez télécharger les programmes ici :
Bonne préparation !