Le président Emmanuel Degrève et la vice-présidente Caroline Meys présentent leur programme pour 2026–2029 : plus proches des membres, plus forts face aux autorités, et un Institut qui se vit enfin comme un véritable partenaire.
Le 23 avril 2026, vous nous avez confié le mandat de diriger l'ITAA pour les trois prochaines années. Nous prenons cette confiance très au sérieux et nous commençons immédiatement par ce que vous nous avez demandé : la clarté. Cet article présente notre programme de manière directe et sans détour. Pas de promesses floues, mais des engagements concrets sur lesquels vous pouvez nous tenir.
Emmanuel Degrève
Président · Francophone · Conseiller fiscal
Président de l'OECCBB et fondateur de Deg & Partners. Élu avec la conviction que l'ITAA doit se rapprocher de ses membres, il entend désormais le démontrer concrètement, de l'intérieur, tout en apportant des réponses aux nouveaux grands enjeux de la profession.
Caroline Meys
Vice-présidente · Néerlandophone · Expert-comptable fiscaliste
Fondatrice de Tax Consulting Ramsel, avec plus de trente ans d'expérience de terrain. Ancienne membre du Conseil de l'ITAA 2023–2026, ainsi que membre des conseils de la KVABB et d'Unizo.
EMMANUEL DEGRÈVE · PRÉSIDENT
Emmanuel Degrève
« Plus simple. Plus direct. Plus proche du terrain. »
Quel est le message central avec lequel vous entamez ce mandat ?
Je ne viens pas promettre l’impossible. Je viens avec une conviction claire et une façon différente de travailler : plus simple, plus directe, plus proche du terrain. Durant la campagne, j’ai rencontré des membres dans tout le pays. Le constat était partout identique : l’ITAA est perçu comme trop administratif, trop lent, trop éloigné de la réalité quotidienne. Ce fossé est réel, et il coûte cher en termes de confiance. Nous allons le combler, non pas avec de belles déclarations, mais avec des actes concrets et mesurables. Notre boussole est simple : chaque décision sera évaluée à l’aune d’une question unique : est-ce que cela rend l’institution plus utile, plus proche et plus pertinente pour ses membres ? C’est sur cela, et rien d’autre, que nous acceptons d’être jugés.
Qu'est-ce qui figure au programme pour les cent premiers jours ?
Trois actions qui démarrent immédiatement, sans groupes de travail ni rapports remis à plus tard :
100 PREMIERS JOURS — TROIS ACTIONS IMMÉDIATES
1. Un plan stratégique, à l’écoute de tous
Nous rencontrons les équipes, les élus et co-construisons notre plan stratégique, qui sera finalisé lors du séminaire fondateur des 22 et 23 juin à Ostende. Ce plan traduira notre volonté de reconnecter profondément l’institution avec ses membres. Il deviendra une trajectoire claire pour tous, assortie d’un plan d’action progressif avec des priorités, des responsabilités clairement désignées et des résultats mesurables.
2. Une communication à 180° de l’existant
Notre institution doit se positionner de façon bienveillante vis-à-vis de nos membres et de façon offensive sur tout ce qui touche à leur vie professionnelle concrète. Oser dire non à ce qui les alourdit. Oser accompagner davantage là où ils en ont besoin. Oser affirmer une ligne claire et assumée. Ces ajustements sont engagés dès le premier jour de notre prise de fonction.
3. Une organisation démocratique, participative et responsable
Nous libérons les potentiels de nos équipes. Nous leur demandons d’être plus responsables et plus autonomes, mais aussi plus connectées et plus proches des membres. En contrepartie, nous leur faisons davantage confiance et nous leur donnons les moyens d’agir. La conséquence logique : chacun assume mieux son rôle, et l’Institut gagne progressivement en efficience et en crédibilité.
Et pour l'ensemble du mandat, quels sont les grands piliers ?
Tout ce que nous faisons s’inscrit dans une ligne de force claire : faisons moins, mais faisons-le mieux. C’est le principe fondateur de la simplification : renoncer à l’exhaustivité pour concentrer l’énergie là où elle produit le plus d’effet.
Au-delà de ce fil conducteur, nous structurons notre action autour de quatre axes complémentaires.
Premièrement, un service d’excellence aux membres : l’ITAA doit soulager, pas alourdir. Des délais réduits, une communication permanente, une approche qui valorise ce que le membre apporte plutôt que de multiplier ce qu’on lui impose.
Deuxièmement, une représentation externe renforcée : une voix claire et crédible auprès des autorités, pour protéger et ancrer le rôle central que joue notre profession dans la vie économique du pays et garantir la praticabilité concrète de notre métier, pour les grands cabinets comme pour les plus petits.
Troisièmement, l’accompagnement actif face aux mutations technologiques. L’intelligence artificielle n’est pas un sujet parmi d’autres : c’est le défi le plus structurant de ce mandat. Nous devons en être des acteurs proactifs et utiles — ni des observateurs passifs, ni des concurrents des solutions qui existent déjà.
Quatrièmement, la coopération. L’ITAA doit sortir de son isolement en créant des ponts avec les associations professionnelles, les autres acteurs économiques, le monde politique et les administrations publiques. Ce que nous pouvons faire seuls est limité. Ce que nous pouvons construire ensemble — notamment avec nos professions sœurs comme les réviseurs d’entreprises — peut réellement faire bouger les lignes.
Ce qui sort de ces quatre axes passe en second plan. L’ITAA ne peut pas tout faire, mais là où vous nous attendez, nous voulons être excellents.
« Le problème n'est pas une règle en particulier. C'est la logique d'ajouter sans jamais rien retirer. C'est cette logique que je veux briser. »
Emmanuel Degrève
Comment l'ITAA aborde-t-il l'IA et la digitalisation, et pourquoi son rôle est-il si important ?
L’intelligence artificielle automatise les tâches répétitives et libère du temps, mais uniquement pour ceux qui savent quoi faire de ce temps libéré. La valeur d’un expert-comptable réside dans l’interprétation, le conseil stratégique et la relation de confiance. L’IA ne réduit pas cette valeur, elle la rend plus visible et plus précieuse. C’est précisément pourquoi l’ITAA doit y jouer un rôle structurant : identifier des outils fiables, accompagner leur intégration dans les cabinets de toutes tailles, et veiller à ce que la profession garde la maîtrise de ces évolutions. Nous ne voulons pas que vous subissiez des solutions imposées de l’extérieur. Nous voulons que vous les pilotiez, avec les bons repères pour choisir.
Et la collaboration avec les autres associations professionnelles ?
Coopération et partage de l’espace : ces deux notions sont au cœur de ce que je veux construire. L’ITAA doit fédérer, et se réjouir des initiatives des associations professionnelles, qu’il a pour rôle de soutenir et de valoriser, pas de concurrencer. Je viens moi-même de l’OECCBB et je sais exactement ce que signifie regarder l’Institut de l’extérieur avec un œil critique. Maintenant, je vais démontrer que les choses peuvent être différentes de l’intérieur.
La force de cette profession tient à sa diversité, grands cabinets, petites fiduciaires, conseillers spécialisés, et cette diversité ne fonctionne que si elle agit de façon respectueuse et solidaire. C’est précisément là que l’ITAA peut jouer son rôle le plus utile. Et nous irons encore plus loin : nous voulons bâtir une alliance stratégique inédite avec les autres grandes organisations représentatives du monde de l’entreprise belge, pour porter ensemble une voix commune, forte et crédible sur les grandes questions économiques, fiscales et réglementaires qui nous concernent tous.
CAROLINE MEYS · VICE-PRÉSIDENTE
Caroline Meys
« Écouter, rester proche, entreprendre. »
Caroline, vous étiez déjà administratrice lors du précédent mandat. Qu'est-ce qui vous a poussée à franchir le pas vers la vice-présidence ?
J’ai vu pendant trois ans, de l’intérieur, ce qui fonctionne bien et ce qui doit s’améliorer. Le moment est venu. La profession est sous pression : pénurie de personnel, charge réglementaire, complexité croissante. Les membres ont besoin d’un Institut qui les comprend vraiment. Je viens d’une famille d’indépendants, j’ai fondé mon propre cabinet, je connais cette réalité de terrain. C’est ce que j’apporte : pas de théorie, mais de la pratique.
Quelles sont vos quatre priorités concrètes en tant que vice-présidente ?
QUATRE PRIORITÉS : CE QUE VOUS POUVEZ CONCRÈTEMENT ATTENDRE
1. L'écoute comme fondement de chaque décision
Nous mettons en place une concertation structurelle avec les membres, pas uniquement des enquêtes périodiques, mais un retour d’information réel qui se reflète visiblement dans ce que nous décidons. Ce que vous dites oriente notre politique.
2. Une représentation pour chaque cabinet, y compris le plus petit
Des obligations telles que la lutte contre le blanchiment, le contrôle qualité ou les exigences de reporting pèsent proportionnellement bien plus lourd sur un cabinet unipersonnel que sur un grand bureau. Nous rétablissons cet équilibre via une différenciation et une voix spécifique pour les petites structures au sein de l’ITAA.
3. Une communication continue, toute l'année et pas seulement lors des échéances
Vous devez ressentir l’ITAA comme un partenaire présent. Une communication claire et régulière sur ce qui se passe, ce qui est décidé et ce que vous en percevez dans la pratique : telle est notre norme.
4. Un contrôle qualité qui accompagne, et non qui sanctionne
Le contrôle qualité sera développé selon une logique de soutien. Celui qui fait l’objet d’un contrôle doit en ressortir grandi, avec des pistes concrètes plutôt qu’un simple jugement.
« Les membres sont parfois réticents au changement, mais de petits investissements font une énorme différence une fois que le déclic s'est produit. Nous aidons à provoquer ce déclic. »
Caroline Meys
La pénurie de personnel pèse lourdement sur le secteur. Que va concrètement faire l'ITAA à ce sujet ?
Nous travaillons sur trois fronts. Nous allons rendre la profession plus attractive auprès de personnes qui ne l’envisagent pas encore, via des campagnes ciblées et une présence dans l’enseignement. Nous souhaitons moderniser le stage (plus de flexibilité, un meilleur encadrement, des seuils d’accès à la profession moins élevés). Et nous soutenons les cabinets pour qu’ils travaillent plus intelligemment grâce à la digitalisation, afin que les équipes existantes puissent en faire davantage sans que cela se fasse au détriment de leur bien-être. Car c’est le troisième front : la viabilité. Un secteur qui épuise ses gens n’a pas d’avenir. Des délais raisonnables et des obligations proportionnées ne sont pas un souhait pour nous, mais une priorité de lobbying.
Quelle inspiration apportez-vous dans ce mandat ?
Des clients qui, grâce à de bons conseils, prennent les bonnes décisions. Des confrères qui partagent leurs connaissances, y compris avec des stagiaires. C’est l’essence même de ce métier pour moi : la proximité et la confiance. C’est précisément ce que je veux retrouver dans la façon dont l’ITAA s’organise.
CONCLUSION · LE CAP COMMUN
D'un Institut de contrôle à un partenaire proactif : voici ce qui change pour vous
Nous parlons depuis deux rôles linguistiques et deux parcours différents, mais notre diagnostic est identique. L’ITAA a trop longtemps fonctionné comme un organe administratif et de contrôle, alors que vous, en tant que membre, avez besoin d’un partenaire proactif. Ce tournant – passer du rôle de superviseur à celui d’allié – est le fil conducteur de tout ce que le président, la vice-présidente et le Conseil feront au cours des trois prochaines années. Nous l’appelons le principe Member-Centric : chaque décision sera évaluée à l’aune d’une question simple « quelle valeur cela crée-t-il concrètement pour le membre ? »
Un ITAA que vous ressentez
- Des délais de réponse du service aux membres réduits
- Une communication tout au long de l’année, pas seulement lors des échéances
- Une concertation structurelle qui traduit votre voix en politique
Plus forts face aux autorités
- Un canal direct avec le SPF Finances
- Des délais raisonnables et une proportionnalité concrète comme priorités de lobbying
- Vos plaintes portées concrètement
- Une alliance avec les acteurs économiques pour peser davantage
Moins de pression, plus de proportionnalité
- Plan de simplification lancé immédiatement
- Différenciation pour les petits cabinets
- Contrôle qualité comme accompagnement, non comme sanction
Vous gardez la maîtrise de la technologie
- Des outils IA fiables identifiés et accompagnés
- Un soutien pour chaque cabinet, quelle que soit sa taille
- Le secteur pilote, et ne subit pas
Emmanuel et Caroline le disent et l’assument : « Nous voulons être jugés sur nos actes, pas sur nos intentions. » Vous leur avez confié la responsabilité de ce mandat. Ils l’assument pleinement, publiquement et avec méthode. Chaque décision prise par le nouveau Conseil au cours des trois prochaines années sera une réponse directe à la confiance que vous leur avez accordée le 23 avril 2026. Pas dans un an. Dès maintenant.
« L'ITAA n'est pas un bâtiment. Ce n'est pas un règlement. L'ITAA, c'est vous. »
Emmanuel Degrève, président & Caroline Meys, vice-présidente · ITAA 2026–2029